Le bleuet est une espèce indigène au Canada et ses racines remontent loin dans notre histoire. Quand les Européens sont arrivés, nos autochtones se régalaient déjà des bleuets à longueur d'année grâce à d'astucieuses techniques de conservation. Ils les séchaient au soleil pour les ajouter aux soupes, ragoûts et viandes, ou pour les broyer finement et en frotter la viande afin de la conserver. Selon la légende, les autochtones d'Amérique ont offert des bleuets aux Pères pèlerins pour les aider à passer leur premier hiver.
Les bleuets trouvent aussi leur place dans les annales de la médecine populaire. Autrefois, on en infusait les racines pour apaiser les femmes pendant l'accouchement et le sirop de bleuets était un remède contre la toux. Les bleuets et leurs cousines européennes, les myrtilles, ont longtemps été associés au fait d’avoir une bonne vue. La science moderne commence à peine à découvrir ce que les anciennes cultures savent depuis longtemps : les bleuets ont de nombreux effets bénéfiques sur la santé.
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Le bleuet n'est pas né de la dernière pluie; les botanistes estiment qu'il existe depuis plus de 13 000 ans. Cependant, il n'a pas été cultivé avant le début du 20e siècle, quand les horticulteurs ont mis au point l'hybride des bleuets de culture en domestiquant et en modifiant une espèce de bleuet sauvage. Il en est résulté une baie charnue, juteuse, sucrée et facile à récolter, dont la couleur varie du bleu pourpre profond au bleu noir, rehaussée d'une pellicule blanchâtre, la pruine. En botanique, le bleuet fait partie d'une famille qui inclut l'azalée, le laurier de montagne et la bruyère, des plantes qui préfèrent les sols acides, beaucoup d'eau et un climat frais. Il existe maintenant des dizaines de variétés de bleuets cultivés commerciaux qui fructifient en Amérique du Nord et du Sud.
La Colombie-Britannique est le principal producteur de bleuets cultivés au Canada; l'Ontario en cultive aussi. Aux États-Unis, six États produisent à eux seuls plus de 90 % de la récolte de bleuets au pays : le Michigan, le New Jersey, l'Oregon, la Caroline du Nord, la Georgie et l'État de Washington. Le Chili est le principal producteur de l'Amérique du Sud. Les bleuets sauvages, qui servent surtout à la fabrication des aliments préparés, poussent dans l'Est du Canada, notamment au Québec et au Nouveau-Brunswick ainsi que dans le Maine.
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Les bleuets cultivés poussent en grappes et ne mûrissent pas tous en même temps. Les baies inférieures peuvent mûrir pendant que les autres, sur le dessus, sont encore vertes.
On cueille les bleuets soit à la main, soit au moyen de machines qui secouent légèrement chaque plante afin que seules les baies mûres tombent dans le panier de récolte. La plupart des bleuets récoltés à la machine sont congelés immédiatement pour être utilisés à longueur d'année.
On peut maintenant se procurer des bleuets cultivés frais tout au long de l'année chez les producteurs de l'Amérique du Nord et du Sud. Les bleuets d'Amérique du Nord sont offerts d'avril à octobre, et la haute saison s'échelonne de la mi-juin à la mi-août, période où la plupart des bleuets sont récoltés. Les États du sud sont les premiers à récolter et le mouvement progresse graduellement vers le nord, jusqu'au Canada. En Amérique du Sud, la saison des bleuets s'étend de novembre à mars. On peut également se régaler de bleuets cultivés à longueur d'année sous forme de baies congelées ou séchées, ainsi que dans les aliments préparés.
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Selon les estimations, en 2006, la production canadienne de bleuets cultivés et la récolte de bleuets sauvages combinés a atteint 193 millions de livres (88 millions de kg), dont 1/3 de bleuets cultivés. Au Canada, la production de bleuets cultivés a augmenté constamment au fil des ans, d'une moyenne de 10 millions de livres (4,6 millions de kg) dans les années 1980 à plus de 63 millions de livres (29 millions de kg) en 2006. Les États-Unis ont produit 269 millions de livres (122 millions de kg) la même année. L'industrie des bleuets cultivés connaît une croissance rapide en Amérique du Sud aussi. Les importations de produits frais de cette région ont bondi de 30 % en un an, pour atteindre 37 millions de livres (17 millions de kg) en 2006.
Aujourd'hui, près de la moitié de la récolte canadienne de bleuets cultivés est expédiée aux fruiteries, pour répondre à la demande croissante. Le reste est congelé, réduit en purée, concentré ou séché en vue d'une utilisation dans une grande variété de produits alimentaires, notamment le yogourt, les pâtisseries, les muffins, les céréales et les barres santé. Moins de 2 % de la récolte de bleuets sauvages est vendue fraîche.

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